Poutine plaide pour des discussions avec Pyongyang et alerte contre "une hystérie militaire"

La Corée du Nord ne "demande qu'une chose, la guerre", a accusé Washington, plaidant pour des sanctions de l'ONU "les plus fortes possibles" après l'essai nucléaire de Pyongyang. La Russie les juge de son côté "inutiles et inefficaces".

 

Lors d'une session du Conseil convoquée en urgence au lendemain d'un sixième essai nucléaire nord-coréen, les États-Unis, avec leurs alliés européens et japonais, ont annoncé lundi 4 septembre négocier de nouvelles sanctions sévères de l'ONU contre la Corée du Nord, mais la position de Pékin et Moscou, dotés d'un droit de veto, reste incertaine.

 

 

 

"Trop c'est trop" et "seules les mesures les plus fortes possibles nous permettront de résoudre ce problème par la diplomatie", a déclaré l'ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Nikki Haley, lors d'une session du Conseil de sécurité convoquée en urgence, appelant à "cesser les demi-mesures".

 

Ce nouveau train de sanctions présenté par Washington, le 8e, sera négocié dans les prochains jours avant une mise au vote du Conseil de sécurité le 11 septembre, a-t-elle indiqué. Les dernières résolutions sanctionnant Pyongyang, comme à chaque fois plus sévères que les précédentes, avaient été adoptées à l'unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité.

 

De nouvelles sanctions "seraient inutiles et inefficaces" pour Poutine

 

Le président russe Vladimir Poutine a jugé mardi "inutile et inefficace" le recours à de nouvelles sanctions contre Pyongyang, estimant que "s'engager dans une hystérie militaire" autour de la Corée du Nord "n'a aucun sens" et "peut mener à une catastrophe planétaire".

 

"La Russie condamne ces exercices" de la Corée du Nord, "mais le recours à n'importe quelles sanctions dans ce cas est inutile et inefficace", a martelé le chef du Kremlin, en marge d'un sommet des puissances émergentes des Brics en Chine. "S'engager dans une hystérie militaire n'a aucun sens (...) Tout cela peut aboutir à une catastrophe planétaire", a-t-il ajouté.

 

Pékin veut plus de dialogue

 

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Pour la Chine, la crise "doit être résolue de manière pacifique", a expliqué son ambassadeur à l'ONU, Liu Jieyi. "Grâce au dialogue, nous pouvons aboutir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne", a-t-il assuré, prévenant que Pékin "ne permettra jamais le chaos et la guerre dans la péninsule" coréenne. Liu Jieyi a demandé l'adoption du plan russo-chinois prévoyant le gel des tests atomiques et de missiles nord-coréens en échange d'une suspension des exercices militaires conjoints des armées américaine et sud-coréenne.

 

Une proposition que l'ambassadrice américaine a jugé "insultante": "Quand un régime voyou braque sur vous une arme atomique et un (missile intercontinental) ICBM, on ne peut pas baisser la garde. Nous ne le ferons certainement pas", a-t-elle lancé.

 

La Corée du Nord déplacerait un nouveau missile intercontinental

 

De son côté, la Corée du Nord est en train de déplacer vers sa côte ouest ce qui semble être un missile balistique intercontinental (ICBM), rapporte mardi 5 septembre le quotidien sud-coréen Asia Business Daily en citant une source proche des services de renseignement.

Source : France24